Safran Nacelles aussi le chinois Comac

Les Echos – Dominique Aubin – 06/12/2016
L’industriel a investi sur ces trois dernières années 50 millions d’euros dans son usine du Havre.


Robots dernier cri, chaîne modélisée en réalité virtuelle, généralisation de la digitalisation… Safran Nacelles a investi 50 millions d’euros au cours de ces trois dernières années pour élever le niveau de son usine du Havre qui abrite aussi son siège social. Sur 68 hectares, ce fournisseur assemble chaque année un millier de nacelles destinées à envelopper et protéger les moteurs des avions.

Ces investissements lui ont permis de lancer huit nouveaux programmes de développement de nacelles commandées par les motoristes ou les constructeurs pour équiper leurs avions. Les premières ont été livrées en juillet dernier pour le moyen-courrier Airbus A320neo dont les commandes explosent et qui générera 60 % de l’activité de l’usine. Les autres prendront place sur les avions qui seront prochainement qualifiés comme le Comac C919 chinois, le long courrier Airbus A330neo, le gros-porteur Boeing 777X ou l’avion d’affaires Cessna Citation Longitude.

Des montées en cadence

Selon les dirigeants de Safran Nacelles, jamais l’usine n’avait lancé autant de programmes simultanément et jamais elle n’avait été aussi rapide à les mener à bien. « Il a fallu soixante-quatorze mois pour développer les nacelles de l’A380, soixante pour celles de l’A320neo et seulement quarante-deux pour celles de l’A330neo », assure Jean-Paul Alary, PDG de Safran Nacelles.

Toutes ces commandes ont une incidence favorable sur l’emploi : la société a recruté 400 personnes au cours des trois dernières années portant son effectif à 3.800 salariés dont 1.600 au Havre.

Safran Nacelles est numéro deux mondial derrière l’américain UTC mais assure être seul à couvrir l’ensemble des segments de marché, de l’avion d’affaire au long courrier. Le groupe est aussi un pilier de l’aéronautique régionale. Il anime une « grappe » mise en oeuvre par la profession pour élever le niveau des PME sous-traitantes. Celle-ci compte sept entreprises qui ont bénéficié de conseils pour améliorer leur organisation de travail, mieux gérer les montées en cadence de nouveaux produits ou élargir le temps d’utilisation de leurs machines. En Normandie, deux autres grappes ont été constituées avec comme chefs de file TE Connectivity et Thales.