Le Silvercrest, victime du Leap chez Safran ?

La Lettre A du 25/01/2018

Les arbitrages du motoriste pendant l’ère Petitcolin pourraient expliquer une partie des problèmes du moteur Silvercrest.
Les salariés de Safran Aircraft Engines (SAE), présidé par Olivier Andriès, s’inquiètent du montant des indemnités de compensation négociées avec Dassault aviation après la résiliation par ce dernier, mi-décembre, du contrat relatif au moteur Silvercrest (LLA nº1796). Celui-ci devait équiper le Falcon 5X, avion d’affaires de la société présidée par Eric Trappier. La maison-mère Safran, qui présentera ses résultats 2017 le 27 février, dit avoir provisionné dans ses comptes les pénalités contractuelles au titre du développement du moteur. En 2016, les finances du groupe faisaient état, au global, de 516 millions d’euros de dotations nettes aux amortissements et aux provisions.

En attendant de savoir si la facture sera salée ou pas, les ratés du Silvercrest suscitent des réflexions acerbes en interne concernant le peu d’enthousiasme pour le Silvercrest du DG du groupe, Philippe Petitcolin. Quand celui-ci pilotait l’ex-Snecma (2006-2011), il a validé le projet à reculons. A sa décharge, le Silvercrest, moteur conçu par Safran sans l’aide de General Electric – son partenaire américain sur la partie chaude du moteur Leap au sein de la coentreprise CFM International (CFM) – a été lancé fin 2010, quand le Leap a été choisi par l’avionneur Airbus pour son A320neo. Safran a dû assurer pour ce dernier, un best-seller, la montée des cadences de production du moteur, gourmand en cash comme en matière grise.