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Nouvelle offre SAFRAN

La position de l’ UNSA-Safran confirmée, mais tout reste à faire pour le volet social

Sources :
La Tribune – 24/05/2017 – Safran va racheter Zodiac Aerospace 15% moins cher que prévu – Fabrice Gliszczynski
Chalenge – 24/05/2017 – Comment Safran a sauvé son OPA sur Zodiac
Le Figaro – 24/05/2017 – Safran révise à la baisse le prix de rachat de Zodiac – Véronique Guillermard
Les Echos – 26/05-2017 – Safran et Zodiac s’entendent sur une offre revue à la baisse – BRUNO TREVIDIC
Investir – Les Echos – 26/05/2017 – TCI appelle Safran et Zodiac à faire un dernier geste
Le Monde de l’Economie – 26/05/2017 – Safran va racheter Zodiac à un prix diminué – Isabelle Chaperon

UNSA-Safran est le seul syndicat a s’être positionné contre les conditions initiales de l’ OPA sur ZODIAC. Et les éléments ont montré que nous avions raison.

Le rapport de force s’est inversé au profit de Safran lors des 4 derniers mois. En janvier, en effet, le motoriste avait fait de nombreuses concessions pour convaincre les familles propriétaires de Zodiac d’accepter de vendre. En mai, ces dernières n’avaient plus guère le choix.  » Les familles ont acquis la conviction que le temps était venu de s’adosser à un groupe industriel afin de créer un champion français du secteur « , relate un proche de l’industriel.

Ainsi, l’offre de SAFRAN a été abaissée de 15% (25€ contre 29,5€ initialement), soit 1 milliard d’€ de moins que l’offre initiale.
Le lobbying du fond d’investissement TCI a donc porté ses fruits, et, implicitement, la nouvelle offre de Safran sur Zodiac légitime les exigences de TCI. Consultation des actionnaires, dilution potentielle, gouvernance, fiscalité… La structure dévoilée mercredi par les deux équipementiers aéronautiques répond quasiment point pour point aux critiques formulées par le fonds activiste britannique dès l’annonce du projet de rapprochement en janvier. Dans une lettre adressée jeudi à Ross McInnes, le président du conseil d’administration de Safran, Chris Hohn, le fondateur de TCI, reconnait ainsi les « aspects positifs » de ce nouveau projet.

Cependant, le fond TCI demande à SAFRAN un ultime effort pour revoir le prix d’achat à la baisse (SAFRAN propose 25 €, et TCI valorise ZODIAC à moins de 10€).

Une fois que l’ OPA sera validée, l’ UNSA-Safran sera présente pour s’assurer que les salariés des 2 groupes ne payent pas la facture de cette fusion.

Qu’en sera-t-il de la mutualisation des activités centrale est d’ores et déjà prévu (Direction Financière, Direction Informatique, Direction des Achat, …), combien de salariés sont concernés, que vont devenir les salariés concernés ?

La fusion est stratégique

Pourquoi la fusion Safran-Zodiac est stratégique
Challenges du 10 mai 2017

Par le Général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air et ancien commandant suprême pour la transformation de l’OTAN.

TRIBUNE Longtemps repoussée, la fusion entre Safran et Zodiac semblait récemment sur le point d’être officialisée. Il s’agirait là d’un événement majeur pour l’industrie aéronautique française. Par le général Jean-Paul Paloméros.

Longtemps repoussée, la fusion entre Safran et Zodiac semblait récemment sur le point d’être officialisée. Il s’agirait là d’un événement majeur pour l’industrie aéronautique française puisque ce nouveau groupe se positionnerait comme l’un des leaders mondiaux du secteur. Mais les réticences d’une part minoritaire des actionnaires de Safran compromettent aujourd’hui cette une union dont les deux entreprises profiteraient pourtant à plein, dans un secteur en voie de consolidation.

Un géant est sur le point de naître… Et, ce qui n’enlève rien à l’heureux événement, un géant français au sein de l’un des secteurs de pointe de l’industrie nationale et européenne, l’Aéronautique. En négociations depuis plusieurs années, le mariage entre Safran, fabricant des moteurs pour l’Airbus A320, le Boeing 737 ou le Rafale, entre autres, et Zodiac Aerospace, qui équipe les avions civils des moteurs aux sièges, sans oublier les trains d’atterrissage, pourrait enfin aboutir. Le résultat de cette union ? La naissance du potentiel numéro trois mondial du secteur.

Une union riche en rebondissements

Si la fusion entre Safran et Zodiac semble naturelle, chaque prétendant s’est longtemps fait désirer. Zodiac a refusé une première avance de la part de Safran en 2010. Après deux années de crise, les dirigeants de l’équipementier se laissent convaincre en 2016: « Nous n’avons pas cherché d’autres partenaires ; Safran nous a paru le meilleur possible », a ainsi déclaré le président du directoire de Zodiac, Olivier Zarrouati.

Même son de cloche du côté de Safran, dont le Directeur Général et le président du conseil d’administration, Philippe Petitcolin et Ross McInnes, affirment partager le « même ADN » que Zodiac. Et de mettre 9,7 milliards d’euros sur la table, une OPA amicale approuvée par le conseil de surveillance de Zodiac en janvier 2017.

Problème, une part minoritaire des actionnaires de Safran, le fonds anglais TCI (4,1 % du capital), exprime alors des réticences quant à la fusion prochaine. Zodiac, qui a connu en 2016 des difficultés pour suivre le rythme effréné de la croissance de son carnet de commandes, ne serait plus à leur goût — trop chère, estiment-ils. Les négociations patinent, à tel point que Zodiac envisagerait de rompre les fiançailles. Une erreur à éviter à tout prix, tant les conséquences positives de cette union seraient nombreuses.

Bientôt un leader mondial français

L’alliance entre Safran et Zodiac propulserait ainsi le nouvel acteur français à la seconde et troisième position mondiale en ce qui concerne, respectivement, le secteur des équipements aéronautiques et plus généralement de l’aéronautique. Elle donnerait naissance à un groupe de 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, à la tête de 90.000 collaborateurs, dont la moitié en France, et installerait ainsi le nouvel ensemble dans la cour des très grands. Une aubaine, tant pour la nouvelle entité que pour l’Hexagone.

L’acquisition de Zodiac offrirait à Safran la possibilité d’élargir son portefeuille d’activité dans les équipements d’intérieur (sièges et aménagements de cabine), aussi bien que dans les équipements de sécurité lui permettant de proposer à ses clients le catalogue le plus complet. Elle renforcerait également les activités de Safran dans les systèmes électriques et mécaniques. In fine, le nouvel ensemble détiendrait 39% du marché des équipements et 61% de celui des équipements de cabine. Par ailleurs, l’opération s’inscrirait parfaitement dans la stratégie récemment annoncée par Safran: se recentrer sur son cœur de métier, l’aéronautique et la défense, tout en réduisant sa sensibilité aux cycles de livraison des avionneurs, ce qui serait notamment rendu possible par la gamme de produits, plus étoffée, que le groupe serait capable de proposer après le rachat.

Surtout, cette acquisition permettrait de défendre le leadership français, alors que les mastodontes du secteur sont en pleine consolidation, à l’instar de B/E Aerospace et Rockwell Collins, qui se sont rapprochés en octobre 2016. Le nouveau groupe issu du rachat de Zodiac par Safran se placerait ainsi juste derrière United Technologies (25,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires) et GE Aviation (22,2 milliards d’euros).

Une fusion historique

Si la fusion avait lieu, elle entrerait dans les annales de l’Histoire — à tout le moins, celles de l’aéronautique. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre le mariage Safran-Zodiac et les fusions-acquisitions qui ont marqué les dernières décennies, donnant naissance à des acteurs de premier plan sur la scène internationale.

On pense ainsi à Exxon et Mobil qui, en joignant leurs forces en 1999, ont opéré l’une des plus grandes fusions industrielles jamais réalisées (85,13 milliards de dollars) : « l’archétype d’une fusion réussie », selon Fred Weston, professeur de finances à l’université de Californie. La fusion a créé le numéro un mondial de l’industrie pétrolière. En dix ans, l’action ExxonMobil a augmenté de plus de 150%, alors que la bourse américaine reculait de 4%. Le retour sur capital a été multiplié par 3,5. Entre 2000 et 2009, le nouveau groupe a dégagé 270 milliards de dollars de bénéfice net cumulé, tout en réalisant 4,8 milliards de dollars de réductions de coûts par an — contre « seulement » 2,8 prévus !

On pense également à GlaxoSmithKline, devenu numéro un de la pharmacie en 2000, Pfizer et Warner-Lambert (88,8 milliards de dollars), AOL et Time Warner (181,57 milliards de dollars).

Au titre des stratégies gagnantes, comment ne pas faire référence à la création d’EADS en 2000 devenu Airbus Group, qui lui-même a fusionné toutes ses divisions sous la seule marque Airbus, le 1er janvier 2017 ? Combien d’obstacles de toutes natures, de réticences, de sensibilités, n’a-t-il pas fallu surmonter pour créer ce géant européen de l’aéronautique, de la défense et de l’espace ? Mais où en serait aujourd’hui l’industrie aéronautique européenne, ses savoir-faire uniques, sa chaîne d’entreprises sous-traitantes, ses centaines de milliers d’emplois qualifiés, sans la vision, la volonté et l’obstination de tous ceux qui ont cru à ce projet d’avenir ?
A l’instar de ces géants, fort de cette nouvelle dimension, le nouvel acteur Safran-Zodiac pourrait prendre une place de choix dans la transformation mondiale de l’industrie aéronautique, développer de nouvelles synergies, investir pour le futur et l’innovation, conquérir de nouveaux marchés et faire rêver les nouvelles générations.

Au fil du 20ème siècle, l’Aéronautique française fut construite par des pionniers et des visionnaires qui lui donnèrent ses lettres de noblesse. Il nous revient aujourd’hui de faire fructifier ce superbe héritage, car le monde n’attend pas: de nouveaux acteurs entrent dans la compétition et d’autres, plus anciens, ont déjà entrepris leur transformation. Il faut savoir dépasser les considérations, les calculs de court-terme ou les intérêts particuliers, car comme l’a si bien dit Antoine de Saint-Exupéry: « dans la vie il n’y a pas de solutions, il y a des forces en marche: il faut les créer, et les solutions suivent ». Il en va de l’avenir d’une filière d’excellence, de milliers d’emplois de haute qualification, et aussi de l’avenir de l’aéronautique d’un pays qui l’a vu naître.

Un mois pour revoir l’offre

Safran se donne un mois pour revoir son offre sur Zodiac
Source : BFM Business – 17/03/2017

Le groupe lance ces jours-ci une étude approfondie des comptes de Zodiac. Le prix du rachat devrait être revu à la baisse fin avril.
La tension est à son comble. L’avertissement sur résultats lancé mardi par Zodiac a jeté un pavé dans la mare. La société est en négociations exclusives depuis deux mois avec Safran qui souhaite la racheter. La direction de Safran ne décolère pas de cette dixième révision des profits en deux ans. « Après des mois de déni, Zodiac avait reconnu ses problèmes industriels en novembre dernier, explique un proche du groupe. On pensait qu’ils avaient enfin purgé le problème ».

La confiance établie entre la direction des deux groupes a été sérieusement écornée. D’autant que cette alerte sur résultat est lourde. En novembre, Zodiac prévoyait que son bénéfice opérationnel progresserait d’au moins 10% en 2017. Désormais, il assure qu’il baissera de 10%… Dans ces conditions, Safran a indiqué qu’il « intégrera dans ses discussions les conséquences de ces faits nouveaux ». L’offre de 10 milliards, à 29,5 euros par action, sera donc revue à la baisse. De combien? Personne ne le sait mais les marchés ont fixé le cours à 23 euros… La baisse du prix sera forte.

Pas de décision avant le 20 avril
Selon les informations de BFM Business, elle devrait intervenir fin avril, avant de signer avec les syndicats les procédures sociales de l’opération qui sont engageantes. Et en tout cas, rien ne se fera avant les résultats semestriels de Zodiac, le 20 avril, qui seront déterminants. D’ici là, Safran ne va pas traîner. Dès aujourd’hui est lancée une étude approfondie des comptes de Zodiac. Un exercice périlleux pour une société cotée qui n’a pas le droit de donner plus d’informations à une société qu’à une autre. Par avocats interposés, Safran posera une multitude de questions pour tenter d’avoir une idée plus claire de la situation de Zodiac. « On va en savoir plus alors que jusqu’ici, la direction de Zodiac n’était pas très transparente », ajoute une source proche de Safran.

Les discussions se limitaient au président du directoire Olivier Zarrouati et au président du conseil de surveillance Didier Domange. Les familles actionnaires de Zodiac qui détiennent 24% de Zodiac, semblent tout aussi choquées par les mauvaises nouvelles de sa direction. « Ils ont enfin touché le fond, rassure un proche de l’opération. Ils deviendront actionnaires de Safran et n’ont pas intérêt à ce que cela tourne mal ». Mais désormais, le rapport de force est clairement en faveur de Safran qui va avoir toute la latitude pour négocier. Le groupe a réitéré sa volonté stratégique de racheter Zodiac. « Nous répétons aussi qu’on ne fera pas cette opération à n’importe quel prix, explique un proche du groupe. Et là, on a une excellente occasion de revenir dessus ». Les actionnaires de Zodiac vont payer la facture de leurs déboires.