Alphajet vers PC-21

L’armée de l’air a choisi le successeur de l’Alphajet
Raphaël Chambriard – 10/01/2017 – lanouvellerepublique.fr


Remporté par Babcock France, le contrat d’entraînement des pilotes de chasse se traduit aussi par le remplacement des Alphajet par des PC-21 dès 2018.

Conséquence du plan « Formation modernisée des entraînements différenciés des équipes de combat » (Fomedec) de l’armée de l’air signé en fin d’année, le fabricant suisse Pilatus vient d’annoncer la vente de 17 avions PC-21.

Le contrat a été signé le 30 décembre 2016 par l’armée de l’air avec Babcock Mission Critical Services France, une filiale d’une société anglaise qui a remporté l’appel d’offres pour gérer la formation des pilotes et Pilatus comme sous-traitant. En France, Babcock forme déjà pour l’armée les pilotes d’hélicoptères (36 appareils de type EC 120) et gère une flotte de plus de 30 hélicoptères pour le Samu.

110 M€ d’économies par an

Dans ce cadre, Babcock France et Dassault Aviation ont signé un partenariat qui comprendra la création d’une société commune sous le leadership de Babcock France. La durée du nouveau contrat est de 11 ans. Il comporte aussi des clauses sur le matériel de formation au sol, comme le simulateur (CAE) et des installations modernisées.

Les PC-21 remplaceront les Alphajet utilisés par l’armée de l’air pour la formation des pilotes de chasse. Le premier appareil sera livré en 2018 à Cognac. A Tours, 22 Alphajet sont actuellement utilisés. Voler sur PC-21 coûtera moins cher à l’armée que sur ces appareils des années 1980. Autre facteur décisif, l’avionique du PC-21 est compatible avec celle du Rafale fabriqué par Dassault.
Or, aujourd’hui, la formation insiste évidemment sur le pilotage mais aussi beaucoup plus qu’auparavant sur le système d’armes, bien plus complexe sur le Rafale.

Le PC-21 n’est pas un avion à réaction mais un turbopropulseur capable de voler à 685 km/h, un peu moins que l’Alphajet, d’atteindre un plafond de 11.600 m et dispose d’un rayon d’action de 1.295 km. Neuf pays ont acheté cet appareil, dont l’Angleterre pour l’école des pilotes d’essai de la Royal Air Force, l’Empire Test Pilots School (ETPS).

Entre l’utilisation de cet appareil et la fermeture de l’école de chasse de Tours en 2020 pour regrouper cette partie de la formation à Cognac, l’armée compte économiser 110 millions d’euros par an. La montée en puissance de la base de Cognac se fera dès 2018, mais Tours continuera à fonctionner en parallèle encore jusqu’en 2020. L’école de chasse représente un effectif d’un peu moins de 250 personnes. Il restera après son départ 1.500 personnes sur la base aérienne 705, plus 350 au centre de détection et de contrôle de Cinq-Mars-la-Pile qui dépend d’elle.