Safran a talonné Pratt & Whitney en 2016


Airbus A320neo : Safran a talonné son rival Pratt & Whitney en 2016
Michel Cabirol – 13/01/2017 www.latribune.fr

Sur les 68 A320neo livrés en 2016 par Airbus, CFM International a finalement bien tiré son épingle du jeu en motorisant 29 appareils (LEAP-1A) face à son rival Pratt & Whitney, qui lui en a équipé 39.

Sur les 68 A320neo livrés en 2016 par Airbus, CFM International a finalement bien tiré son épingle du jeu en motorisant 29 appareils (LEAP-1A) face à son rival Pratt & Whitney, qui lui en a équipé 39 (Geared Turbofan – GTF – PurePower PW1100G-JM). Profitant des déboires de son rival américain Pratt & Whitney dans le développement de son programme, le motoriste franco-américain a réussi à combler une partie de son retard après qu’Airbus ait remis en juillet dernier le premier A320neo équipé de moteurs LEAP-1A à la compagnie turque Pegasus Airlines.

La mise en service de l’A320neo équipé de réacteurs Pratt & Whitney (P&W) a quant à elle débuté en janvier 2016. Les deux motoristes ont été sélectionnés par Airbus en décembre 2010.

Réduction de 15% de la consommation de carburant

Avec l’A320neo, Airbus a vendu une réduction de 15% de la consommation de carburant par siège dès sa mise en service, et de 20% d’ici à 2020 par rapport à l’A320 actuel. La société commune à 50-50 entre General Electric (GE) et Safran, CFM International a tenu le bon cap. « La performance promise aux clients est au rendez-vous », avait affirmé en octobre dernier dans une interview accordée à La Tribune le directeur général de Safran Philippe Petitcolin.

« Pegasus, la compagnie de lancement de l’A320 NEO avec des moteurs LEAP, est très satisfaite des performances du moteur, avait expliqué Philippe Petitcolin. Son président a récemment déclaré que la performance de ses avions NEO était parfaitement en ligne avec celle qu’on lui avait vendue. Il sait de quoi il parle. Pegasus dispose dans sa flotte d’A320 CEO et peut donc vraiment comparer les performances de la version remotorisée de l’A320 avec la version classique ».

Le moteur de CFM International offre donc aux opérateurs des améliorations à deux chiffres en termes de consommation de carburant et d’émissions de CO2 par rapport aux meilleurs moteurs CFM actuellement en service, ainsi qu’une diminution des émissions d’oxyde d’azote et des nuisances sonores. « Les moteurs livrés à Airbus sont conformes aux engagements que nous avions pris en termes de performances avec des gains de consommation de carburant de 15% par rapport aux dernières versions du CFM56 », avait assuré dans une interview accordé à La Tribune en juin 2016 le PDG de Safran Aircraft Engines Olivier Andriès.

Un développement qui a respecté le calendrier

Le LEAP-1A a volé pour la première fois à bord d’un A320neo le 19 mai 2015. Cet appareil, équipé de moteurs CFMI, a obtenu le 31 mai 2016 les « Type Certificates » de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et de l’Administration fédérale américaine de l’aviation civile (FAA). CFM International avait prévu de livrer une centaine de moteurs LEAP en 2016, puis 500 en 2017 et 1.200 en 2018. Plus de 11.100 commandes et intentions d’achat avait été enregistrées pour le moteur LEAP à fin juillet 2016 (contre 8.400 GTF de P&W à mi-décembre).

Les responsables d’United Technologies (UTC), maison mère de P&W, ont quant à eux baissé leur prévision de livraisons du nouveau moteur en 2016, passant de 200 moteurs livrés à seulement 150 en raison du lancement difficile du PurePower PW1100G-JM.

Des technologies en pointe

Le moteur LEAP-1A, qui équipera les A319neo, A320neo et A321neo, bénéficie des technologies les plus avancées du secteur, avec notamment des aubes et un carter de soufflante en matériaux composites tissés 3D, un système de rejet des débris de conception unique, une aérodynamique 3D de quatrième génération, une chambre de combustion annulaire TAPS (Twin-Annular Pre-Mixing Swirler) dotée d’injecteurs de carburant réalisés en fabrication additive, des composites à matrice céramique (CMC) pour la turbine haute pression et des aubes en aluminure de titane (Ti-Al) pour la turbine basse pression.

Toutes ces technologies se traduiront par une optimisation des conditions d’exploitation, combinées à la fiabilité et aux faibles coûts de maintenance des moteurs CFM. Selon Safran, elles permettront une plus grande disponibilité des flottes, une longévité accrue sous l’aile contribuant à réduire les coûts et les opérations de maintenance. « Ces technologies sont adossées à des analyses sophistiquées permettant à CFM d’assurer une maintenance prédictive personnalisée pendant le cycle de vie complet du moteur », avait assuré l’équipementier aéronautique.