Le Bonheur des salariés…


Source : Les Echos – Marc-Alphonse Forget / consultant, coach et formateur auprès de grandes entreprises et de structures publiques.

Un salarié heureux est un salarié performant

La qualité de vie au travail n’est plus une option. Et il est désormais urgent pour les organisations d’intégrer cet objectif.

Le travail consomme entre 9 et 12 heures du temps d’une journée : temps de travail proprement dit sur notre lieu de travail, temps de déplacements, grignotage de notre temps de vie personnel par les engins de nouvelle technologie, travail rapporté à la maison, pensées liées à notre travail… . C’est vraiment beaucoup, alors autant que le temps, notamment celui passé sur notre lieu de travail, soit agréable.

Il est grand temps de dissocier le travail de ses connotations négatives de souffrance. Le mot lui-même par son étymologie « tripalium » (engin de torture) renvoie à la souffrance. Notre histoire longtemps imprégnée par la tradition chrétienne associe le travail à la rédemption du péché originel. Dans la France monarchique, le travail est réservé au « tiers état ». Les nobles et le clergé en sont dispensés. Depuis le XIXe siècle, avec l’influence marxiste, on a approché le travail dans une dynamique d’opposition entre capital et travail.

D’ailleurs, l’expression « luttes sociales » illustre bien cette dialectique d’affrontement. À tout le moins, le contexte historique n’est pas porteur de sérénité au travail. Ajoutons que les pratiques managériales issues du taylorisme, le cynisme et la brutalité parfois portés par le néo-libéralisme n’ont pas arrangé les choses.

Et pourtant…

  • Si on peut souffrir au travail, on souffre encore plus de ne pas en avoir. Rappelons l’étymologie du mot chômage « kauma », qui veut dire brûlure, stigmate.
  • Les études réalisées s’accordent pour dire que s’il y a du stress, du mal-être, du burnout, parfois des suicides, une majorité des personnes (entre 60 et 70% selon les études) se disent très satisfaites, satisfaites ou plutôt satisfaites de leur vie au travail. Se dire satisfait n’empêche pas bien sûr fatigue, stress…
  • On sait aujourd’hui que lorsque les personnes se sentent bien dans leur travail, elles sont plus investies, plus coopératives, plus innovantes.
  • Actionnaires, dirigeants, managers et collaborateurs ont donc tout intérêt dans une optique de développement et de rentabilité durables, à promouvoir le bien-être au travail. J’oserais dire à « enchanter le travail ensemble ».